Le radon


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" Ma maison est remplie de gaz radioactif !"

Il est temps de relativiser un peu les choses. Statistiquement, le radon provoque la mort par cancer de 200 à 300 chaque année en Suisse. Mais suite à la pression populaire et à la campagne de mesures menée par l’Office Fédéral de la santé Publique, le problème semble maintenant bien cerné.

Qu’est-ce que le radon ? Comment le mesurer ? Comment s’en protéger ? Ce dossier devrait répondre à vos questions et sans doute vous rassurer un peu...

Qu’est-ce que le radon ?

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle, incolore et inodore. Il provient de la désintégration naturelle de l’uranium 238. Il se trouve en forte concentration dans les terres qui contiennent de l’uranium (granit, schiste argileux, phosphate...)

Il se présente sous trois formes : le radon 219, dit aussi actinon, qui procède de la dégradation de l’uranium 235 présent dans la croûte terrestre ; le radon 220, dit aussi thoron, qui vient du thorium 232 ; et le radon 222, qui vient de l’uranium 238.

Le premier est à la fois rare et éphémère, puisque sa demi-vie est de quatre secondes. Le deuxième, moins rare, peut se retrouver dans les matériaux de construction, et sa demi-vie est de près d’une minute. Sauf exceptions, ni l’un ni l’autre ne durent assez longtemps pour avoir le temps de traverser les couches rocheuses et polluer l’air.

C’est le troisième, le radon 222, qui est le plus dangereux, parce que sa demi-vie est de quatre jours. Il a, en effet, largement le temps de filtrer à travers les roches et remonter à la surface en profitant des déformations de l’écorce terrestre.

Le radon lui-même n’est pas dangereux car la respiration le rejette avant qu’il n’ait pu se décomposer. En revanche, il irradie les particules de poussière en suspension dans l’air, par l’intermédiaire de ses isotopes radioactifs (Pb207/82,Bi209/83,Po210/84) appelés "filles du radon".

Un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dénonce le radon comme un polluant de l’air. Le Comité International de Recherche sur le Cancer (ClRC) a classé le radon en "catégorie 1" : il a donc reconnu et défini ses effets cancérigènes.

Une quantité variable

La quantité de radon dans l’air dépend de la proportion d’éléments radioactifs dans la composition et dans la décomposition des matériaux limitant l’espace.

Sont à considérer : le sol, les matériaux de construction, ainsi que la pression atmosphérique locale, avec accentuation en dépression et relativement avec la chaleur et l’humidité.

Selon la nature du sous-sol

Les émanations de radon dépendent de la composition de la croûte terrestre et de ses variations ; c’est ce qui explique les très grandes différences de concentration d’un point à l’autre d’un même territoire. Chaque strate géologique ou chaque couche sédimentaire guide le radon. Une distance de quelques dizaines de mètres seulement peut se traduire par des variations extrêmement importantes de sa concentration.

En Suisse, les régions principales à risques sont le Tessin (tout le canton), le sud-est de l’Engadine et une partie du canton de Neuchâtel vers La Chaux-de-Fond. Le Tessin est le seul canton où une base légale a été adoptée par les autorités. Pour chaque nouvelles constructions, des mesures constructives doivent être prises et réalisées d’office selon des directives cantonales.

Selon les matériaux de construction

On trouve communément dans la terre et minéraux du sol la chaîne des nucléides uranium-radium. II s’ensuit que radium, thorium, strontium se trouvent à l’état de traces dans le béton (silex et graviers), dans les plaques en roche naturelle comme les schistes et les granits et dans l’argile cuite des briques.Transporté dans les matériaux de construction provenant de carrières parfois soumises à l’irradiation, ces matériaux interviennent seuls ou conjointement avec la radio-activité naturelle du sol.

A ce jour, les matériaux de construction contrôlés en Suisse n’ont pas d’influence notable sur la concentration de radon. De manière générale, le facteur de risque dû à la radio-ionisation liée aux matériaux est faible si le renouvellement d’air est partout assuré.

Selon les conditions climatiques

L’intensité du dégagement de radon dépend aussi des conditions atmosphériques et de la température. C’est à l’automne, après que le sous-sol a été réchauffé durant tout l’été, que le dégagement est le plus intense. Il connaît aussi des fluctuations journalières : le maximum est atteint après le réchauffement du sol, donc la nuit. C’est justement quand les occupants des maisons dorment que ces pics apparaissent . L’absence d’aération durant le sommeil de ses occupants et le dégagement de radon plus important pendant la nuit expliquent ce pic.

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La dilution du radon à l’extérieur produit des concentrations tellement faibles qu’il n’y a aucun risque. Mais à l’intérieur d’un espace clos, le radon peut s’accumuler de façon importante, suivant la construction du bâtiment..

Un gaz qui s’infiltre dans les bâtiments

Le radon est un gaz qui peut s’infiltrer par de petits espaces dans la terre et la roche sur lesquelles une maison est bâtie. Il peut pénétrer à l’intérieur de la maison à travers les sols de terre, les fissures dans les sols et les murs de béton, les canalisations souterraines, les puisards, les joints et les minuscules craquelures ou interstices dans les murs en moellons. Le radon peut aussi pénétrer dans l’eau des puits privés et être relâché dans la maison quand on utilise l’eau.

Pathologie

Le seul effet sanitaire connu lié aux expositions à des doses élevées de radon est un risque accru de développer un cancer du poumon. Cela ne signifie pas que toutes les personnes exposées à des niveaux élevés de radon auront un cancer du poumon. Il peut, en outre, s’écouler plusieurs années entre l’exposition et la manifestation clinique de la maladie. Bien entendu, l’effet du radon est amplifié par les autres facteurs de pollution de l’air et en particulier la fumée produite par les cigarettes. Des données scientifiques attestent que l’usage du tabac augmente le risque lié à l’exposition au radon. Fumer augmente en outre de façon notable le risque global de cancer du poumon.

Les scientifiques estiment que chaque année, aux États-Unis, environ 5’000 à 20’000 morts par cancer du poumon peuvent être attribuées au radon. Dans ce pays, environ 130’000 personnes meurent chaque année du cancer du poumon dont 85% selon le ministère de la Santé sont imputables au tabac.

Pour la Suisse, selon l’OFSP, 200 à 300 personnes meurent chaque année du radon.

Le risque de développer un cancer du poumon par suite d’exposition au radon dépend la fois du niveau et de la durée de l’exposition. Une concentration en radon peu élevée, mais sur une longue période, peut occasionner un risque de cancer plus important qu’une exposition brève à un niveau très élevé. De façon générale, le risque augmente avec le niveau de radon et la durée de l’exposition.

Ce qui est important, c’est l’effet du radon sur la santé. Comme toute particule radioactive, il menace les gènes, unités de synthèse protéique qui régentent tout ou partie du fonctionnement des cellules ; il peut endommager les chromosomes, il peut réveiller ou réactiver un oncogène. Et il le fait dans certains cas : on est presque certain, depuis plusieurs décennies, que le radon à forte concentration est une cause de cancer du poumon. Présent dans l’air, il traverse la paroi alvéolaire des poumons ; s’il ne peut s’y fixer, les isotopes qui procèdent de sa dégradation, puisque sa vie est relativement courte, les poloniums 214 et 218, le font en revanche aisément. Conséquence à plus ou moins long terme : le cancer du poumon.

Le radon se diffuse aussi dans le sang ; s’il peut, en principe, accéder à tous les tissus, il présente une nette préférence pour les graisses, dans lesquelles il se dissout particulièrement bien ; c’est le cas de la moelle osseuse, en effet riche en graisses. Là, si les dégâts qu’il inflige ne sont pas réparés à temps, il peut dérégler les cellules précurseurs des globules blancs. Conséquence, cette fois-ci, également à plus ou moins long terme, la leucémie.

Le radon serait aussi responsable de cancers chez l’enfant, de cancers du cerveau, de la moelle épinière, des os (ostéosarcomes), de mélanomes et de cancers du rein.

Unités de mesures

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Appareils de mesures

Le Radhome

Le Radhome permet de surveiller les taux de concentration de radon. Entièrement automatique, il affiche les mesures en Bq/m3 . Le système enregistre les particules alpha émises par les isotopes 220 et 222 du radon. Un calculateur totalise les particules détectées et le résultat est affiché sur un écran à cristaux liquides.

Le dosimètre à radon

Cet instrument de mesure doit être exposé en règle générale de 1 à 3 mois dans la partie habitée de la maison. Après exposition le dosimètre est envoyé au laboratoire où il sera évalué. Deux à trois dosimètres sont nécessaires pour chaque campagne de mesure.

3 à 7 Bq/m3 est le niveau extérieur moyen dans les pays tempérés (Suisse : 10 Bq/m3) 20 à 60 Bq/m3 est le niveau intérieur moyen dans les pays tempérés (Suisse : 70 Bq/m3)

Normes pour le radon

La Communauté Européenne recommande pour sa part une stricte limitation des taux de radon dans l’habitat. Elle a fixé les seuils à ne pas dépasser à 400 Bq/m3 pour les logements anciens et à 200 Bq/m3 pour les constructions neuves. L’obligation légale d’assainissement varie d’un pays à l’autre.

Pour ce qui est de la Suisse, des mesures constructives d’assainissement doivent être prises lorsque le seuil de 1’000 Bq/m 3 est atteint, avec un délai de 3 ans pour les bâtiments locatifs et les bâtiments publics, 5 ans dans les autre cas. Dans la mesure du possible, il est recommandé d’assainir une habitation dès 400 Bq/m 3 (sans obligation légale).

Il est d’autant plus urgent de prendre des dispositions que les niveaux sont plus élevés.

Des conditions de vie particulières peuvent influencer l’estimation des risques encourus et la décision qui s’ensuivra. Les questions suivantes pourraient vous aider à évaluer votre risque personnel.

-  Y a-t-il des enfants qui vivent chez vous ?
-  Combien de temps les membres de votre famille passent-ils à la maison ?
-  Quelqu’un dort-il dans votre sous-sol ?
-  Combien de temps devez-vous résider dans votre maison ?

Moyens de protection

La ventilation en dépression

La mesure la plus efficace et la moins onéreuse, consiste à aérer et à ventiler la partie la plus basse : la cave, le vide sanitaire, le sous-sol où le radon s’accumule (il est plus dense que l’air). Un vide sanitaire réduit considérablement sa concentration. Seuls impératifs : ces zones doivent être bien isolées du reste de la maison, par exemple par une chape de béton étanche et ventilées mécaniquement ou naturellement par dépression. La différence de pression entre le bas et le haut d’un bâtiment est suffisante pour créer cette dépression.

Lorsque le radon pénètre dans un espace fermé, il s’accumule. Comme depuis une vingtaine d’années, on a fait beaucoup d’efforts pour calfeutrer les maisons et diminuer la déperdition de chaleur. L’isolation favorise la conservation de la chaleur, mais aussi celle du radon : en une heure seulement 10% du volume d’air est renouvelé. Toutefois, dans les maisons très étanches et bien isolées thermiquement, on n’a pas mesuré une teneur en radon plus élevée que dans les maisons traditionnelles. Cela prouve que les mesures d’étanchéisation et d’isolation thermique ne font pas augmenter la concentration du taux de radon.

La ventilation en surpression

Le radon pénètre dans les bâtiments avec une pression très faible (de l’ordre du Pascal). Ainsi la mise en surpression des locaux du sous-sol par le biais d’une ventilation mécanique forcée empêche le radon de se diffuser. Ce dispositif peut éviter de coûteux travaux d’étanchéisation des murs contre terre.

Autres moyens de protection

La ventilation diminue les effets mais ne traite pas la cause. Ce qui signifie que si la concentration du radon est élevée, la ventilation ne suffit pas et il faut agir sur les voies d’accès puisque aucun système de ventilation ne suffirait à diminuer le radon à un taux convenable sans une trop grosse déperdition de la chaleur en hiver. Il s’agit dès lors d’entreprendre des travaux d’étanchéisation ou de vitrification. Par exemple à l’aide d’enduits étanches, par une barrière vapeur ou encore par le bétonnage de la cave si elle est en terre battue.

Le niveau d’émission de radon dépend de la surface d’émission et du traitement de surface. Des traitements d’étanchéification dure de surface assainissent notoirement les émanations à travers des dalles en béton standard.

Organismes de mesures et de contrôle

IRA Institut de Radiophysique Appliquée centre universitaire-1015 Ecublens tél. 021/693.31.65

OFSP Office Fédéral de la Santé Publique division radioprotection-section physique et biologie Bollwerk 27-3001 Berne tél. 031/61.94.03 ou 61.94.89 ou 61.96.16


Stéphane Cardinaux

Architecte EPFL

Praticien et formateur en géobiologie et bioénergie
spécialiste en bilan bioénergétique et électrophotonique GDV

info@geniedulieu.ch



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