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Géobiologie - ressenti - géométrie sacrée - architecture


 

Etude des ruines d'une villa gallo-romaine dans le domaine de la Rémonière près d'Azay-le-Rideau
Comprend les éléments suivants: le relevé géobiologique, les perceptions par le ressenti intérieur,
le tracé par géométrie sacrée, un essai de restitution des volumes, de l'architecture et des fonctions

 


Ambiance dans le domaine de la Rémonière : les ruines, le manoir, les souterrains, le grand parc arborisé

Situation

Le manoir de la Rémonière est un vaste domaine de 33 hectares situé au sud d’Azay-le-Rideau, au bord de l’Indre.  La propriétaire nous y a invité pour y faire le relevé des ruines d’une villa gallo-romaine jouxtant le manoir. Des fouilles, entreprises, en 1798, ont permis de mettre en évidence des murs sur une surface approximative de 20m sur 50m. Actuellement, les fondations des murs sont encore visibles et forment un champ de ruines rempli de cailloux et de débris de tuiles. Le plan ci-dessous vous montre la zone de fouille, les murs découverts en 1798 et les murs supposés.

 

Vue sur le manoir et la zone de fouilles

 

Notre objectif était multiple :

Faire le relevé complet des lignes telluriques afin de définir l’emplacement de tous les murs érigés par les Romains vérifier ces murs par des sondages ou  grâce au géomagnétomètre découvrir le tracé géométrique de l’ensemble, et pouvoir tracer l’ensemble grâce à la géométrie sacrée déterminer la fonction de chaque pièce, par logique architecturale et par ressenti proposer un essai de reconstitution de la volumétrie, des façades et de la toiture proposer un aménagement paysager permettant de mettre en valeur ce patrimoine. Le but de ce dossier est de vous monter une approche de l’archéologie utilisant à la fois la réflexion en tant qu’architecte, la géométrie sacrée comme technique pour établir les plans et les élévations, la sensibilité pour détecter les murs et la médiumnité pour définir les volumes et les activités qui s’y déroulaient. L’utilisation conjointe des deux hémisphères du cerveau a permis une approche à la fois raisonnée, logique, intuitive et sensible du site.


Etat actuel

La villa gallo-romaine a été bâtie sur le bord d’un plateau situé quelques au-dessus du niveau de l’Indre. Une grande partie du domaine est formée de zones inondables, donc non aménagée par les Romains, car dangereuse. En dehors de la zone de fouille, quelques cailloux au sol permettent de situer des murs entre le manoir et la ferme. Quand au manoir lui-même, tout le soubassement est constitué de murs romains en petit appareil et bien conservé. La visite des galeries souterraines laisse à penser qu’elles ont servi de carrière d’extraction des pierres utilisées dans la construction de la villa, comme cela se faisant souvent à cette époque. Il est probable qu’elles ont été réaménagées lors de construction du manoir au 15e siècle. La ferme a été transformée peu à peu, depuis 1985, en chambres d’hôte, en salle de conférence et bureaux. Un autre monument intéressant de ce domaine est une glacière, probablement construite en même temps que le manoir et servant à y mettre le gibier chassé dans les vastes forêts des environs. Le pigeonnier, construit au carrefour de trois galeries est certainement le vestige de la fosse permettant de hisser les pierres au niveau de la villa.  Placé en dehors du mur d’enceinte de la villa, il est donc très peu probable qu’il ait déjà existé sous une forme ou une autre à l'époque romaine.

 

Les réseaux telluriques

Par expérience, pour avoir collaboré à d’autres recherches en collaboration avec des archéologues, je sais que tout mur romain se caractérise par la présence de trois lignes tellurique du réseau Hartmann (le réseau Nickel). Une ligne est placée dans l’axe du mur, les deux autres de chaque côté, alignées avec le nu du mur. Pour ceux qui aimeraient en savoir davantage sur cette manière de procéder et sur l’art des bâtisseurs, ils peuvent consulter mes ouvrages sur le sujet : Géométries Sacrées, tome 1 et 2.

La première étape a donc été de faire le relevé détaillé des lignes telluriques afin de déterminer la position de tous les murs, en partant de ceux visibles sur place. Dans le doute, il a fallu d’autres techniques pour s’assurer de la présence d’un mur enterré. L’un de ces moyens est le recours au géomagnétomère, un appareil capable de détecter d’infimes variations du champ magnétique terrestre. Un mur enterré crée une augmentation du champ magnéto-statique, commençant environ 50cm avant d’arriver à l’aplomb du mur. Plus le mur a une grande hauteur, plus c’est facile de le mesurer.  Les aqueduc et autres égouts enterrés sont  facilement repérables.

Les réseaux telluriques forment un quadrillage plus ou moins régulier. Il existe des lignes ayant une largeur plus grande et une intensité vibratoire plus élevées. Je les nomme « ligne de niveau 3 » pour les distinguer des lignes plus petites, de niveau 1 ou 2.

Ces lignes servent systématiquement à placer les bâtiments dans le territoire, d’où cette position en bordure de plateau. En général, elles servent à définir des parties principales des édifices : atrium, temple, portique, entrée, voie d’accès. D’autre part, l’orientation de ces lignes donne toujours l’orientation du bâtiment. En l’occurrence, avec un angle de 17° par rapport au plein Est. Ceci explique pourquoi chaque villa romaine a sa propre orientation, car elle est adaptée à l’endroit où elle est bâtie. Ainsi les énergies de la Terre sont respectées, la villa s’inscrivant parfaitement dans la trame énergétique du lieu.

Dans le cas présent, le croisement de deux lignes du réseau Or (Peyré niv. 3) a servi à implanter le temple dédié aux ancêtres de la famille. Quant au réseau Nickel (Hartmann de niv. 3) il définit d’emplacement de l’atrium et l’axe principal du péristyle, tout en indiquant la position de l’aqueduc. La composante tellurique est toujours une donnée essentielle dans la composition du plan par l’architecte-bâtisseur.



Les autres phénomènes cosmotelluriques

Deux phénomènes particuliers ont été observés : une cheminée de couleur cyan (bleu ciel) et un vortex de couleur vert pomme (vert clair).  Centrés tous les deux sur le croisement du réseau Or (couleur magenta et jaune), nous avons donc un ensemble de couleurs permettant de caractériser le temple.

Magenta : spiritualité, lien avec la mort ou l’au-delà

Pomme : relation à l’énergie des ancêtres et à leur soutien

Cyan : communication

Jaune : réalité du monde, force intérieure

Nous pouvons donc en déduire que ce temple servait à entrer en communication avec les ancêtres de la famille afin de pouvoir bénéficier de leur soutien ici et maintenant et d’y renforcer sa force intérieur pour prendre les bonnes décisions.

Les fouilles de 1798 ont mis à jours des urnes funéraires dans un caveau à l’ouest du temple, ainsi qu’une inscription disant que cet édifice a été bâti par Secunda Caius Néron pour son mari et son fils.



Les parties de la villa

Ce petit schéma vous montre comment les Romains répartissaient les différentes activités dans une villa. La partie habitation (pars urbana) comprend tous les locaux à l’usage du propriétaire de la maison, salon, salle à manger, cuisine, bureau, chambres et bains. La partie agricole (pars agricola) comprend tous les bâtiments servant à l’exploitation du domaine, granges, greniers, celliers, ateliers, écuries, étables et logement des esclaves. La partie habitation elle-même est divisée en deux parties, l’une  (pars negotium) pour toutes les activités en lien avec la réception des invités et le commerce, l’autre (pars otium) pour le repos, l’étude et le bain.



Fonction des différentes pièces de la villa

Pour déterminer la fonction de chaque pièce, j’ai utilisé différences approches :

  • étude de plusieurs dizaines de plans de villa gallo-romaine et romaine
  • étude du traité d’architecture écrit par Vitruve, un architecte romain
  • logique architecturale selon la disposition des pièces et leurs proportions

Le plan ci-dessous est donc une tentative de restitution des fonctions pour toutes les pièces de la partie habitation. Quant à la partie agricole, il fut très difficile de définir les fonctions, seule la zone de logement des esclaves semble assez évidente.




Les différentes pièces et leur utilisation
 

Vestibulum , hall d’entrée, pièce d’apparat où le maître de la maison reçoit ses invités.

Tablinum, espace de bureau où le maître reçoit les commerçant pour discuter et régler des affaires. C’est dans cette vaste pièce que l’on trouve aussi la bibliothèque et les registres. Elle donne sur la grande esplanade de la pars rustica, permettant au maître de surveiller ce qui s’y passe et être en lien direct avec l’intendant du domaine. Elle est proche de la cuisine, car souvent le maître y sert des collations pour ses invités.

Triclinium, la salle à manger principale, comprenant en général trois groupes de trois canapés. Les Romains y mangeaient couchés sur le côté.

Viridarium, le jardin de plaisance, d’agrément. Souvent avec des fontaines, jet d’eau et statues.

Atrium, espace principal de la maison, à ciel ouvert. Ce dispositif architectural sert à éclairer tous les espaces qui se trouvent autour. Un bassin, l’impluvium, permet de récolter l’eau de pluie tombant depuis la toiture.

Oecus, salon d’apparat pour recevoir les invités, parfois aussi pour y manger avec la vue sur le jardin (hortus). Deux corridors (fauces) permettent d’accéder au jardin depuis l’atrium.

Alae, deux ailes ouvertes sur l’atrium, utilisées comme de petits salons pour les discussions entre invités. Ces espaces étaient juste séparés de l’atrium par des rideaux.

Cubicula, les chambres pour dormir. Celles qui sont disposées autour de l’atrium étaient réservées aux invités ou aux enfants du maître. Celle du maître, beaucoup plus grande, donnait très probablement sur le péristyle, non loin des bains et du temple. Les chambres n’ont pas de fenêtres, juste une aération en hauteur. Le mobilier est simple, car les Romains n’y séjournaient pas.

Culina, la cuisine et son arrière cuisine pour le stockage des denrées. Un accès, le postica, permet aux esclaves d’approvisionner la cuisine depuis la pars rustica. Un corridor relie la cuisine et le péristyle afin d’avoir un accès aisé au tablinum et au triclinium.

Latrinae, les latrines, c’est à dire les wc. Ils placés directement sur l’égout et alimentés en eau par l’aqueduc. Probablement quatre places, car les Romains aimaient bien s’y trouver en compagnie, voire même pour y discuter affaire.

Apodyterium, le vestiaire, un grand espace avec des bancs pour se changer avant d’entrer dans les bains. L’accès se fait directement par le péristyle.

Tepidarium, la salle où règne une température tiède, accessible depuis le vestiaire. On y trouve en général deux chaises pour des soins, l’onction avec de l’huile et le curage de la peau.

Caldarium, la salle chaude, avec un bassin d’eau chaude alimenté par un chauffe-eau. Nous y trouvons trois éléments traditionnels, le bassin, genre de grande baignoire, le sudarium, un espace pour transpirer et le laconicum, une alcove avec une grande vasque sur pied pour y boire de l’eau fraîche. Le caldarium est l’ancêtre de nos saunas.

Frigida lavatio, le bassin d’eau froide, très apprécié après le bain chaud. Il était souvent situé à l’air libre, dans une petite cour. On y accède par le tepidarium, la salle tiède, toujours située entre les bains chaud et froid. De cette cour, on peut rejoindre le frigidarium.

Frigidarium, la salle froide, parfaite pour le repos après le bain, sert aussi de salle de musculation, d’exercices et parfois aussi de salle de jeu.

Propnigeum, pièce accessible par les domestiques pour y entretenir le feu nécessaire pour chauffer l’eau des chauffe-eau. Depuis une citerne, l’eau passe par différents chauffe-eau, afin d’obtenir de l’eau chaude et de l’eau tiède. Le feu devait aussi servir à chauffer le caldarium et le tepidarium grâce à un système à hypocauste (chauffage par le sol, à air chaud).

Cella ostaria, la loge du gardien qui dormait sur place et surveillait l’entrée de la maison.

Cella atriensis, petite chambre réservée au domestique qui s’occupait d’entretenir l’atrium et toutes les pièces adjacentes.

Lararium, petit temple dévolu aux ancêtres de la famille. Ouvert sur l’Est comme tous les temples gallo-romains, proche de l’entrée et de la chambre du maître. La famille entière s’y retrouvait pour le culte des ancêtres et des pénates (gardiens spirituels de la maison).

Coenaculae, les chambres pour les domestiques, situées à l’étage et accessibles par un escalier au bout du péristyle.

Cisterna, la citerne, à l’extrémité de l’aqueduc, juste sous l’escalier conduisant aux coenaculae. Une grosse pierre avec une surverse (trop-plein) en indique la présence.

 

La toiture

J’ai essayé de couvrir les espaces avec les portées les plus courtes possibles. Je me suis aussi inspiré d’exemples de reconstitution, mais toujours en m’adaptant à la forme générale de cette villa. Le plan de toiture me paraît logique avec les fonctions et la volonté de mettre en évidence la partie centrale et l’entrée principale.

 

La géométrie sacrée

Grâce au plan au 1/200 et des mesures à la chevillère (décamètre) sur place, il est évident que l’architecte qui a conçu cette villa a choisit le nombre d’or comme proportion de base. Sachant qu’un rectangle d’or se subdivise toujours en un rectangle d’or plus petit et d’un carré, cette propriété a été largement utilisée pour tout le tracé géométrique. La villa elle-même s’inscrit dans deux rectangles d’or adjacents par le petit côté. Le même principe a été utilisé pour la zone d’entrée, le porche et les loges des gardiens. L’unité de base utilisée à cette époque était le pied romain de 29.5 cm. La longueur totale de la façade (sans les bains qui ont été agrandis ultérieurement), fait très exactement 300 pieds. Les Romains utilisaient toujours un nombre entier de pieds, par dizaines ou par centaines, afin de définir la longueur de leurs édifices. Le temple lui-même est inscrit dans un rectangle d’or, soit la proportion 1 / 1.618.

 

Essai de restitution du temple (lararium) grâce à la géométrie sacrée basée sur le nombre d'or et le carré

L’angle formé par la diagonale d’un rectangle avec le petit côté fait 58.28° et respectivement 31.72° avec le grand côté. J’ai été très surpris de retrouver ces angles entre les cheminées d’aération des caves souterraines. De surcroît, les longueurs des galeries sont toutes dans des proportions basées sur le nombre d’or entre elles. Je ne vois aucunement l’intérêt de le faire pour des constructions en sous-sol, mais ceci me conforte dans l’idée que rien n’était laissé au hasard et que ces galeries sont bien d’origine romaine.

 



 

Le tracé géométrique pas à pas

Ce tracé, en neuf étapes, permet de dessiner le tracé régulateur servant à l’édification des murs de la villa. Le départ est constitué de deux rectangles d’or adjacents par le grand côté. Par subdivisions successives à l’aide de rectangles d’or (Phi) et de carrés, il est possible de définir la position de tous les murs importants, secteur par secteur. L’étape 6 permet de trouver le tracé qui sert de base pour celui de la partie agricole. Cette manière de procéder, en utilisant la géométrie sacrée, n’est pas propre aux architectes romains, mais existe depuis les premiers architectes-bâtisseurs et remonte au moins au 6e millénaire av. J.-C. Le tracé complet vous permet d’apprécier cet art qui a été appliqué jusqu’au moindre détail d’architecture.

 

 

Les façades et les coupes

En partant de l’hypothèse du plan et des toitures, j’ai créé les élévations en utilisant la géométrie sacrée, comme elle l’avait été en plan, soit uniquement avec des carrés et des rectangles d’or. En général, la proportion utilisée en plan était la même en élévation. L’avantage d’avoir déterminé la position des lignes telluriques, c’est qu’elles permettent de définir la position des portes, des fenêtres, des colonnes et des marches d’escalier, alors que rien n’est visible sur place dans les fondations.

 

Façade est, la façade principale, vue depuis l'allée conduisant à la villa

 

Coupe principale sur la longueur du bâtiment, vue sur les espaces et les jardins intérieurs

 

Détail de la façade d'entrée avec son porche

 

Détail de l'atrium

 

Détail du vestibulum et du templum avec son lararium

 

Détail des bains, coupe à travers le propnigeum et le caldarium

 

Coupes transversales sur le jardin et la chambre du maître, ainsi que sur la zone d'entrée et la salle de réunion et de travail


Remerciements

A Chantal Pécas, la propriétaire du manoir pour son chaleureux accueil et les sympathiques soirées passées au coin du feu.

Site internet du manoir de la Rémonière, cliquez ici

Bibliographie

Recherche de lieux archéologiques à l'aide de la géométrie sacrée et de la géobiologie dans "Géométries Sacrées" Tome 2


Stéphane Cardinaux

Architecte EPFL

Formateur et chercheur en géobiologie et bioénergie
Spécialiste en bilan par électrophotonique GDV